dimanche 24 juillet 2011


Cette dame, ce n’était pas une dame, c’était une fillette qui murissait trop vite
Cinq ans à peine, elle contemplait
Les donzelles aigries qui se tirent les tresses
Les jouvenceaux-éclairs qui se moquent de la maîtresse
Les parents qui s’engueulent et se dégueulent
Les policiers et leurs airs de matraque et d’affables

Cette dame, ce n’était pas une dame, c’était une fillette qui murissait trop vite
Cinq ans à peine, elle observait
Les enseignantes aux cernes creuses
Les gnasses aux habits enluminés de fils dorés
Et celles qui épaulent les défraîches des aînés
Les mendiants dans les venelles richissimes
Les sœurs de sang dans l’hôpital psychique, la seringue au bras

Cette dame, ce n’était pas une dame, c’était une fillette qui murissait trop vite
Cinq ans à peine, elle réfléchissait
Aux pourquoi, du comment, de l’injuste
Aux aigreurs, aux maigreurs, à l’absolutisme
 À la déchéance, au malaise, à l’après
Aux orbites oculaires qui interrogent et racontent
Le tout
L’os surtout
Cette dame, ce n’était pas une dame, c’était une fillette qui murissait trop vite
Cinq ans à peine, elle tenait le pinceau
Elle n’aimait pas peindre les cyprès
Ni les contours de Chine, ni les ailes du Loire
Aucune envie de voir
Aucune envie de croire
Aucune envie de devoir

Cette dame, ce n’était pas une dame, c’était une fillette qui murissait trop vite
Cinq ans à peine, elle soulevait le pinceau
Le tint minutieusement pour articuler un juste trait
Le coude tendu, devint plié
En une poussière filée;
L’élan, le choc, l’Hors d’Usage échoué
La flaque qui se meut sur le parquet défraîchi
Formant un cyprès dans les veines des boiseries

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