L’esprit est un origami. Pliages, repli, bouts de papiers rabattus, cachant certaines parties, mettant l’emphase sur d’autres. L’inconscient nous oblige à cacher le papier fripé et à montrer le bien repassé. J’ai envie qu’on voit mes froissures. Mais mon inconscient me l’empêche. Je me bats et me rapetisse pour qu’on ne m’oblige pas à parler. On me juge de mes silences et mes cachoteries, des questions laissées en suspens qu’on me pose avant que je prenne congé. J’ai envie d’encercler mes balafres avec un marqueur et m’étendre, figée et nue, victime des regards et des procès. J’ai envie de me faire vomir en pleine rue, qu’on voit à quel point je suis mal avec ma situation tout-cuit-dans-le-bec, qu’on comprenne qu’à chaque fois que je prends une bouchée, j’ai l’image en tête de ceux qui crèvent et qui n’ont rien. J’aimerais qu’on sache les 21 acétaminophènes, les 24 acétaminophènes, les 28 acétaminophènes, les calmants pour chien, les bouteilles de vodka, de whisky, de rhum, de téquila, cul sec. Les deux bouteilles de vin en un soir, les évanouissements, les vomissements, l’urine dans le lit, le dégueulis dans les cheveux, les lendemains de veille dans l’autobus scolaire… Les menteries.
On ne saura pas. Je suis muette. J’aimerais mieux l’être pour vrai. Ce serait plus facile. Moins besoin de t’inventer des raisons, de répéter sans arrêt que tu ne peux pas, que toi non plus tu ne sais pas pourquoi. Même quand tu te dis ‘’ Je devrais parler ‘’, ‘’ Je devrais partager ça, ça m’ferait du bien ’’, tu ne peux pas parce que tu te sens comme une PUTAIN d’enfant gâtée qui s’apitoie sur son petit sort, sur sa petite existence sans problèmes. Et c’est ce que je fais à cet instant. Peut-être que j’essaie de me venger de ceux qui m’ont laissé tomber ; Rhiann, Jo-Annie, Francesca, Alexandra, Tessa, Michelle, Marie-Catherine, Maude, Marie-Pier. Je me souviens. Merci pour la pâte-à-dents sur le cadenas, pour les lettres méchantes, pour les photos laides sur vos blogues rigoleurs. Merci pour les regards haineux sans fondements. Je me souviens les dîners dans les toilettes, les marches-fugues, la bouffe qui me pogne dans la gorge, les aiguilles dans l’estomac, les pleurs cachés, la sensation d’avoir personne. Merci de me rendre FUCKING WEIRD pour le restant de mes jours. Merci de, vous, vous en crisser, et de vivre vos vies sans remords, avec oubli. Qu’est-ce que je vous ai bien fait?
J’arrête ici mon premier origami. Ça me fait du bien, même si la culpabilité reste là. Même si je déplie des feuilles crispées, sales et poussiéreuses, qui résistaient au redéploiement. Même si je ne fais qu’effleurer ici et là les lignes principales des froissures d’antan.
Soeurette, je viens d'aller te porter au métro et en revenant je me suis dis que j'avais envie de te lire pour la première fois. Fuck étudier.
RépondreSupprimerT'écris bien, je vais pas te dire d'arrêter de te censurer parce que les gens te le disent et je le fais. Parce qu'ils t'aiment. Et ne te laisseront pas tomber. Ça m'a prit genre 20 blogs avant de finalement (dans le dernier) arriver à dire (presque tout) ce qui me passe par la tête et que j'ai envie de partager, surtout avec moi-même. J'ai donné l'adresse qu'à deux personnes (toi la première ;)), ça fait du bien de savoir que nos paroles sont dans le monde.
Tu devrais pas avoir l'impression que tu t'appitoies sur ton sort. Y'a rien d'insignifiant chez personne. Si c'est quelque chose qui nous fait quelque chose c'est que c'est important pour nous. Que ça nous fait mal. Que ce soit quelque chose de perçu comme grave, ou criminel, ou que ce soit une parole qui nous a blessée, un <> de marde.
Tu as le droit de le partager et de te faire du bien avec ça. Trouve des personnes à qui tu fais confiance. Il faut juste commencer (moi ça fait pas si longtemps que ça que je m'ouvre aux gens), pour continuer. Peut-être que ce blog est la première étape ? Lolz, j'me trouve drôle je parle comme une sérieuse.
Ce qui nous fait du mal est rarement mérité, jamais en fait. Le problème c'était pas toi, c'était eux. Oublie-les (facile à dire!). Tu as beaucoup de gens qui t'aiment et qui attendront le temps qu'il faudra pour enfin pouvoir découvrir toutes tes belles froissures.
Je t'aime, tu vas me manquer pendant trois semaines, ay.
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